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Syngué sabour est un roman très court (moins de 150 pages) qui a reçu le prix Goncourt en 2008. Ça fait un petit moment que j’ai ce roman poche dans ma bibliothèque, pas loin de deux ans je pense. Je me rappelle l’avoir acheté plus ou moins à l’aveugle, principalement pour sa couverture et son titre qui m’intriguait. Je n’ai lu le résumé que plus tard et je n’ai su aussi que plus tard que le roman avait reçu un prix. Je trouvais très intéressant d’avoir un livre si court en prix Goncourt. Ça m’a d’avantage attiré, parce que je boude souvent les romans qui reçoivent tout ces prix prestigieux parce que je les trouve souvent très peu accessibles et comme les films à Cannes parfois ça vire au politique plus qu’au contenu du livre. Mais bref tout ça pour dire que je trouvais agréable d’avoir un livre accessible à tous quasiment.

Syngué sabour [sége sabur] n.f. (du perse syngue  » pierre « , et sabour  » patiente « ). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s’agit d’une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères… On lui confie tout ce que l’on n’ose pas révéler aux autres… Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate… Et ce jour-là on est délivré.

Effectivement roman très court mais il m’aura tout de même fallu deux jours pour en venir à bout. Et j’ai eu cette horrible sensation que jamais la fin n’allait arriver. Je ressors de cette lecture vraiment très mitigée. J’ai lu les cinquante première page hier en me forçant un peu je l’avoue. J’ai lu la suite d’une traite aujourd’hui et je préfère le chroniquer tout de suite pour passer à autre chose. Parce que oui, c’est quand même une grosse déception. Je ne peux pas dire que j’attendais beaucoup de ce livre parce que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je n’ai pas relu son résumé depuis mon achat et j’y ai seulement repensé récemment en préparant mon challenge des petits livres de ma PAL. Mais ça reste une grosse déception parce que je ne peux pas m’empêcher de me dire « C’est ça le prix Goncourt ? ». Autant vous dire que j’y accorderai encore moins d’importance qu’avant.

J’ai eu beaucoup de mal avec la forme du récit pour commencer. C’est bête à dire mais je suis toujours un petit peu perturbée par l’absence de chapitre. Vous allez me dire que pour 150 pages ce n’est pas dramatique mais là j’avais l’impression d’étouffer dans cette pièce ou tout le roman se passe. Et je n’aime pas m’arrêter de lire n’importe ou comme ça sans quelque chose qui se finisse clairement avant de passer à la suite. La narration ensuite créait une telle distance entre l’histoire, les personnages et le narrateur. On en ressent presque un malaise, l’impression d’assister à quelque chose auquel on ne devrait pas. Ça m’a aussi empêcher de m’attacher aux personnages. Bon clairement le mari djihadiste qui battait sa femme de temps à autre et qui est maintenant dans le coma , je ne comptais pas m’y attacher mais j’attendais tellement de ce personnage féminin.

Quand j’ai repris ma lecture au bout des 50/60 pages (atroces) je me suis dit qu’on avançait et qu’il y avait peut-être de l’espoir, que ça allait vraiment me plaire. Je pensais qu’à partir de là ça serait pleinement centré sur ce personnage féminin complètement cette femme quasi oubliée et désemparée mais qui malgré tout reste debout et va même jusqu’à s’élever, élever la voix, se défaire de tous ces secrets. Je pensais que ce serait sur cette libération du corps et de l’esprit, de cette emprise masculine et matrimoniale. Et honnêtement on y croit jusqu’à ce que ça soit réduit à néant. Et on assiste encore une fois à cette putain de domination masculine, et la femme qui se tait, contrainte et forcée. Alors excusez moi de ne pas acclamer ce genre de message, qui devient épuisant. Encore une fois : C’est ça un prix Goncourt ?  Joie ! *ironie*

NOTE : ★☆☆☆☆☆

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4 réflexions sur “Syngué sabour, pierre de patience – Atiq Rahimi.

  1. Quel dommage que tu n’aies pas aimé ce roman ! Il est particulier, c’est vrai… je l’avais lu quand j’étais au lycée, avant qu’il ne reçoive son prix, et il m’avait marquée. Difficile de donner son avis sur un livre pareil. Je comprends ton indignation, mais malheureusement, il faut bien avoir conscience que dans certains pays, c’est ça être une femme… Bises !

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