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Je m’excuse pour le manque de mise à jour sur le blog ces derniers temps, je n’ai pas forcément beaucoup de temps pour lire et je suis actuellement en petite panne de lecture à cause de celui ci d’ailleurs. J’ai posté la dernière chronique (Jamais deux sans toi) alors que j’avais déjà terminé ce roman de Louise O’Neill. Je ne sais pas encore réellement comment je vais aborder cette chronique, ça fait une semaine que j’y travaille déjà (et à l’heure où vous lirez ces petits mots ça fera bien plus je pense ^^). Je la compose paragraphe par paragraphe, la modifie sans cesse pour être certaine qu’elle soit la plus complète possible, il y a tellement à dire. J’ai le sentiment que c’est un article un peu spécial sur le blog, pas tant dans la forme étant donné que ça reste la chronique d’un livre mais le fond est lui bien plus important, du moins pour moi. Only Ever Yours est un roman qui est sorti il y a quelques temps (2014 il me semble) mais qui n’a pas encore été édité en français, je ne le conseille d’ailleurs pas au débutants pour une lecture VO. Je pense qu’un niveau au minimum intermédiaire est nécessaire pour cette lecture. Je ne le conseille pas non plus aux personnes trop jeunes étant donné le sujet.

J’ai « découvert » cette auteure irlandaise l’été dernier en cherchant des lectures VO un peu partout (goodreads, youtube…) et je suis tombée sur une interview et plusieurs articles sur un nouveau roman qu’elle allait sortir à l’Automne 2015 : ‘Asking for it‘ qui traite de la culture de viol, l’importance du consentement entre autre. Ça m’a tout de suite intéressée et j’avais noté ce roman dans un petit coin de ma tête. Cependant c’est le genre de romans et de thèmes qui me touchent enormement et je pense qu’il faut être dans un certain état d’esprit pour lire ce genre d’ouvrage. J’ai donc attendu un peu avant de me lancer dans les achats de ses bouquins mais j’ai eu, il y a quelque mois la possibilité sur le site BookBub d’avoir l’ebook de Only Ever Yours pour 1.50€ ou quelque chose comme ça et j’ai donc sauté sur l’occasion en me disant que si je lisais les livres de l’auteur dans l’ordre de leur sortie ce ne serait que mieux. Même s’ils sont tous deux indépendant, ils ont un fil conducteur qui les relie : les femmes. Louise O’Neill est une toute jeune auteure qui n’a que ces deux livres à son actif mais je peux vous garantir qu’elle est à surveiller de très près et qu’elle sait taper là ou ça fait mal ! Pour vous situer un peu la chose, j’ai terminé la lecture de ce livre Vendredi (11 mars) vers 23h30 et je me suis retrouvée dans un état complètement second. Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai pleuré de nerfs, de dégoût, d’impuissance totale et j’ai été malade tout le reste de la nuit. Je ne savais même pas qu’un livre pouvait me faire cette effet là. Et ce n’est même pas vraiment le livre en lui même mais plutôt ce qu’il dénonce, les liens avec la société actuelle pour les femmes qui nous font dire que l’heure est grave et qu’il y a encore du boulot ! C’est un roman qui m’a effrayé, pas en terme habituel comme on peu le ressentir avec des romans noirs, des thrillers avec leur dose de suspense. Ici, ça m’a paru tellement réel et possible, avec tous ces petits détails que l’on peut observer chaque jours, que l’on soit une femme ou non.

Je ne vous met pas le résumé en anglais, je préfère vous faire un petit pitch afin de vous donner un peu le contexte de ce roman. Parce que oui ça reste un roman et c’est même présenté comme une dystopie. Je ne souviens pas s’il y un temps, une année donnée mais je ne pense pas (d’où le fait de se demander si c’est fictif). On est en Europe et dans un monde où les femmes ne naissent plus naturellement. On les créee et les façonne pour les hommes de la société. Dès qu’elles ont 4 ans elles entrent dans ces écoles ou plutôt internat car elles n’en sortent jamais. On leur apprend à être belles, parfaites, accommodantes, à obéir et j’en passe aux hommes. Elles sont crées en fonction du nombre d’hommes qui sont nés la même année, il faut qu’il y ait trois fois plus de filles pour que les hommes ait le loisir de faire leur choix. (Ici, dans le romans cette année là il y a 10 garçons de 16 ans et donc 30 filles). On leur apprend littéralement à satisfaire les hommes (« ne jamais dire non etc…). Lorsqu’elles ont 16 ans, elles finissent l’école et au lieu d’un diplôme elles sont divisées en trois différentes catégories. Il y a d’abord ‘les compagnes’, celles que chaque homme a choisi d’épouser (elles vivent avec leur mari, jusqu’à ce qu’elles soient considéré comme trop vielles et donc inutiles), les autres deviennent soit des ‘concubines’ (aka ce qu’on pourrait qualifier d’esclaves sexuelles), et la troisième catégorie les chastes qui sont celles qui sont considérés comme pas assez accommodantes, ou assez belles, elles deviennent enseignantes pour les générations suivantes. CA Y EST VOUS FLIPPEZ ???

L’histoire suit donc cette classe de filles âgées de 16 ans et plus particulièrement le personnage de Freida et d’Isabelle, qui sont bien placées (oui parce que chaque jours les filles sont prises en photos, postées sur le net et les gens votent et font le classement, ainsi les 10 premières sont celles le plus encline à devenir une compagne pour l’un des hommes mais bien entendu on parle de physique uniquement puisqu’on ne leur enseigne absolument rien d’autre.). Elles sont toutes les deux belles et très proches et ça va se dégrader au fil du récit parce que cette année tout change. Notamment parce qu’Isabelle (première du classement depuis des années) fait l’inconcevable à savoir : prendre beaucoup de poids. Le roman démarre plus ou moins la dessus, on la voit prendre ses distances avec Freida, faire toutes ces choses qui sont impensables pour devenir une compagne. Et Freida se retrouve complètement perdue sans Isabelle, elle tombe vite sous l’influence de mauvaises personnes au sein de l’école et ça va aller de mal en pis. Voilà c’est en gros ce qui se passe dans ce roman et comment vous dire… C’est une telle horreur de lire ça. Et en même temps ça semble comme une mal nécessaire.

Ce roman m’a retourné le cerveau autant que l’estomac. Il y a aussi quelque chose dans le style qui est le point le plus fort (et terrible aussi) du livre : aucunes de filles, aucun prénom féminin ne porte de majuscule ! Absolument aucune, c’est vous dire la considération des femmes. Elles ne sont rien de moins qu’un objet du quotidien. Les messages de ce roman sont d’une brutalité extrême et poussés au paroxysme, mais on ne peut tout simplement pas s’empêcher de faire le lien avec la société actuelle. Toute cette culture, cette société qui dicte aux femmes des codes bien précis pour plaire aux hommes : la minceur, la nécessité de ne pas avoir un seul poil sur le corps, d’être belle, de ne jamais dire non, de toujours consentir à avoir des rapports sexuels même si on est fatiguée, à toujours sourire etc etc etc, les filles de cette école on des cours toute la journée à ces propos là. Et c’est loin d’être dystopique, c’est que NOTRE société actuelle apprend aux femmes avec son fameux « sois belle et tais toi ! ».

Ce roman a été un véritable choc pour moi, je n’arrive pas à m’en remettre et le simple fait d’y repenser me donne la nausée. Ca m’a tellement affectée en tant que femme, et aussi en tant que personne tout simplement. Il y a tellement à dire sur ce récit et en même temps je ne veux pas non plus trop en dire pour celles et ceux qui veulent le lire. Mais sachez que très difficile à lire d’un point de vue émotionnel et psychologique. On parle de sujets très graves et aussi très importants et atrocement flippants. Je suis incapable de mettre plus d’ordre dans cette chronique, c’est trop perturbant. Je ne peux même pas me résoudre à vous parler des personnages (féminins j’entends) parce que pour moi même celles qui commettent des erreurs, qui trahissent … elles sont toutes victimes de quelque chose tellement plus gros qu’elles, elles m’ont toutes blessée, fais de la peine d’une certaines manière. Celle qui pour moi a une place toute particulière et qui est probablement celle qui m’a le plus touchée reste Isabelle, mon dieu cette pauvre fille. Ça me rend malade rien que d’y repenser. D’un côté je suis contente d’avoir lu ce roman et en même temps j’aimerai l’oublier ou du mois oublier ce qu’il me fait ressentir. Il est important de le lire en étant averti. Je le répète, c’est un roman très perturbant de A à Z, et contrairement à beaucoup d’autres ça ne s’arrête pas dès qu’on le referme. C’est le genre de livre qui nous poursuit. Et j’y repense dès que je suis témoin d’un acte sexiste et donc très (trop) souvent. Inutile de vous dire également que ce n’est pas le genre de livre qu’on peut noter.

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7 réflexions sur “Only Ever Yours – Louise O’Neill.

      1. Je ne crois pas, elle a sorti son second roman en Septembre 2015 et on n’a toujours pas le premier donc bon … ça me désole quand des romans aussi importants ne sont pas traduits !

      2. Je suis contente de pouvoir lire un peu en anglais, mais avec des romans comme celui ci je me retrouve frustrée parce que je n’ai personne à qui en parler …

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