9782253164265-TDifficile de trouver une photo de cette couverture un peu plus grande mais tant pis, celle ci fera l’affaire ! J’ai terminé ce roman il y a déjà quelques semaines. Je ne le chronique seulement maintenant. Comme d’habitude me direz vous, toujours en retard… Mais cette fois ci pour des raisons différentes. J’ai tout simplement eu un énorme coup de cœur pour ce roman, tellement que je n’ai pu enchaîner une autre lecture, et ai du attendre une semaine avant de me replonger dans un autre récit. Je ne cessais de penser à celui ci. Je me souviens avoir beaucoup hésité à l’acheter, pour la simple et bonne raison que je n’aime pas les livres en format poche et quand ces derniers dépassent les 250 pages ça m’en donne presque la nausée. J’ai le sentiment que jamais je n’arriverai au bout. J’ai toujours entendu des excellents avis sur le livre donc je commençais à me laisser convaincre. Et voilà qu’arrive mon anniversaire et que Cindy décide très généreusement de me l’offrir. je ne m’y attendais tellement pas, j’étais surprise et terriblement contente ! J’ai tout de même attendu encore quelques mois avant de me lancer. (oui, une vraie chieuse). Mais pour le mois d’Octobre sur le forum de Scarlet-Roses, Cindy a justement choisi Delphine de Vigan comme l’auteure du mois. C’était donc là ou jamais, enfin non quand même pas je l’aurai lu un jour l’autre ! Et là, seconde surprise. impossible de lâcher ce roman, j’ai lu 100 pages par jour et ait fini en larmes ! J’ai eu des coups de cœur cette année mais je crois que celui ci arrive second dernière mon Gatsby adoré, puisque que j’ai eu le sentiment pendant ma lecture, que cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi transporté par une lecture, aussi touchée et émue pour différentes raisons, tantôt tragiques et d’autre fois plutôt attendrie par des petits moments de bonheur et d’espoir soulevés avec tendresse et beauté par la plume de Delphine de Vigan. C’est son troisième roman que je lis et on peut dire que cela aura été crescendo. Je l’ai en effet découvert avec No & Moi dont tout le monde aura forcement entendu parlé, je me rappelle que le livre m’avait quelque peu laissé de marbre, je me souviens que je ne l’avais pas du tout apprécié. Les Jolis Garçons ensuite, que j’avais d’avantage aimé et maintenant Rien ne s’oppose à la Nuit. Il y a deux autres de ses romans qui me tentent depuis très longtemps maintenant, notamment Jours Sans Faim qui est sans aucun doute celui que j’ai toujours eu le plus envie de lire. Autant vous dire qu’après cette incroyable lecture j’ai à la fois très envie de découvrir les précédents livres mais j’ai aussi quelques appréhensions, me demandant comment ils pourraient être au niveau de celui ci. Impossible.

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Comme je le disais, le format poche me rebute un peu surtout s’ils sont un peu épais. Il faut donc que les romans dans lesquels je me plonge soient très vite captivants. Je savais que le livre était un récit biographique et autobiographique ce qui en soit est déjà intéressant. J’ai pris énormément de plaisir à suivre les différentes parties de ce roman, le passé de Lucile d’un coté et la démarche de sa fille Delphine de Vigan pour ce projet qu’était ce livre de l’autre. Les deux récits mêlés l’un à l’autre m’ont incroyablement passionnés. Je trouve ça tout simplement fabuleux, ce petit bijoux littéraire, cet hommage et je dirais presque cette rédemption que nous offre (à nous comme à sa mère) Delphine.  L’auteure mentionne plusieurs fois que beaucoup d’écrivains ont réalisé ce même projet : écrire sur un parent. Mais je n’ai jamais lu un livre semblable à celui ci. Ce livre dégage une telle force, du personnage comme de l’auteur. Tout ce à quoi elle ont fait face. On sent tout le questionnement à propos de ce livre : Pourquoi ? Comment ? Pour qui ? Ai-je le droit de mentionner telle ou telle chose ? Dois-je aller jusqu’au bout ? Et ce sont tout ces passages, le présent, les ressentis, la douleur, les questions et les remises en question qui rendent ce livre merveilleusement humain. Delphine de Vigan enquête pour écrire sa mère, et lutte avant tout contre elle même pour venir à bout de ce projet. Elle commence ses recherches relisant ses journaux intimes, retraçant le vécu commun puis en fouillant le passé, la famille de Lucile en prenant contact avec ses frères et sœurs, les proches.

On découvre donc le personnage de Lucile dans presque sa totalité. Cette femme si belle, et qui l’a toujours été, beauté triste et douce à la fois. Elle semble être un élément autonome, comme une pièce rapportée, qui ne veut pas s’intégrer, qui cherche la liberté sans aucune responsabilité. Lucile fantasme, reste nostalgique d’une vision du monde. Lucile aura deux enfants (Delphine puis Manon), elle va vivre, aimer mais finira par être malade, malade de ce monde jusqu’au jour ou elle ne pourra plus faire semblant. Delphine raconte sa mère avec ses yeux d’enfant puis avec le recul et la connaissance du passé de sa mère. Ce roman est tout simplement bouleversant, à bien des niveaux. Cela requiert un important courage d’arriver à écrire avec si peu de retenue, dévoilant certains secrets et j’irai presque dire certaines atrocités mais Delphine garde cependant une réelle pudeur maniant son récit et ses propos avec une très grande précaution. Ce roman déborde de sensibilité et il est absolument inconcevable qu’on puisse lire ce livre sans qu’il ne nous affecte d’une certaine façon. On ressort avec cette sensation d’avoir partagé quelque chose d’important, un bout de cette vie et de ces drames. L’écriture est je dirais, simple mais efficace. Elle transporte du premier au dernier mot. Et on aurait presque envie de dire « merci. »

NOTE : ★★★★★★ / coup de cœur /

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5 réflexions sur “Rien ne s’oppose à la Nuit – Delphine de Vigan.

  1. Effectivement, un très beau témoignage qu’il est très difficile de commenter car c’est vraiment un livre que l’auteur a écrit pour elle-même. C’était très touchant à lire !!

  2. C’est un avis complet, bien construit et Merci à toi également. Mnt je regrette pourquoi je l’ai pas acheté l’autre jour quand je l’ai trouvé à la librairie :/

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